daniel fanzutti architecte

Thermes de Constantin - Arles

Thermes de Constantin Arles

THERMES DE CONSTANTIN

Arles

Les ruines des Thermes de Constantin participent largement à l’identité romaine de l’Arles Antique. L’imbrication dans un tissu urbain très dense, assigne à ce monument aujourd’hui comme il y a 2000 ans le même rôle de bâtiment public. Sa situation et sa morphologie définissent et confèrent sens et identité aux espaces publics attenants.

Seul un délaissé de quelques M2, en forme de terrain vague attenant, sur l’élévation nord face au Rhône, viens rompre l’équilibre parfait d’une continuité urbaine. Le guichet de vente des billets pour l’accès au site avait pris possession de ce délaissé en terre battue sous la forme d’un bungalow préfabriqué provisoire. Il semblait s’être installé pour l’éternité, sans complexe face à la présence écrasante du monument romain.

A l’origine du projet une commande modeste envisageait de requalifier cette dent creuse par l’architecture d’un petit abri de 9 M2 et le traitement en dur des surfaces en terre battue.

Nous n’avons pas répondu a cette question, considérant qu’un objet architectural aussi bien « design-é » fut il ne saurait se relever d’une confrontation avec les leçons d’architecture et de construction magnifiques que dispense le monument à chaque regard porté.

L’idée d’un projet sans bâtiment s’est imposée rapidement face à l’intériorité spatiale des Thermes.

Une série de contreforts intérieurs, parallèles ,disposés en quinconce créent une profondeur de champ et des cadrage permanents sur l’axe longitudinal de l’édifice. Ce dispositif spatial invite à la découverte des lieux qui échappent au regard et fondent le thème du cheminement, du labyrinthe.

Le projet ne sera donc constitué que de murs, qui prolongent la thématique spatiale des contreforts existants. Il propose d’articuler par ce dispositif analogique, un cheminement qui conduit progressivement les visiteurs depuis l’espace urbain jusqu’à l’intérieur des ruines.

Il met en scène deux lectures possibles de l’édifice : une vision urbaine donnée à voire à tout citadin, une vision intérieure que l’on vient découvrir par intérêt.

Paradigme d’une ruine contemporaine, s’appuyant sur l’ archétype du mur, l’un des plus signifiants de l’architecture, il offre au regard une série d’écrans qui s’estompent progressivement dans un cadrage dynamique des points de vue. L’architecture romaine dans sa leçon nous a invités a rendre compte de l’espace par le mur, mais aussi a décliner sa matérialité par la lumière et les rapports chromatiques qu’elle renvoie.

Le béton armé affirme le caractère contemporain d’une intervention, il qualifie sans ambiguïté les nouvelles valeurs d’usage inscrites à un moment donné.
L’adjonction de tuileaux en brique, la recherche d’agrégats calcaires et de ciment au ton chaud répondent à la lumière par un même rapport chromatique que les lits alternés de brique et de pierre de la construction romaine.
Les murs a forte pente donnent systématiquement à voir leur épaisseur et leur masse variables. Ils suggèrent une lecture de l’intérieur de la matière que confère toute lecture sensible d’un mur en ruine.

Les contingences matérielles s’installent et s’effacent derrière l’idée du mur. Ainsi le guichet d’accueil trouve place dans l’épaississement d’un mur. Des dispositifs de volets métalliques escamotables signifient l’ouverture du site, et font disparaître les équipement derrière un jeu de plans en béton ou en métal.

L’objectif de ce dispositif n’est autre que d’effacer toute idée de construction au profit d’une continuité spatiale entre l’espace des ruines et l’espace de la ville.
Ville d'Arles
réalisation : 2009
surface : 260 m2
coût des travaux : 180000 €