daniel fanzutti architecte

Aménagement du Cours Jean Jaurès - Avignon

Aménagement du Cours Jean Jaurès Avignon

AMÉNAGEMENT DU COURS JEAN JAURÈS

Avignon

Le « trottoir », au sens moderne du terme (1835), est un chemin surélevé réservé à la circulation des piétons. Malgré des origines de très haute antiquité, le trottoir, tel que nous le connaissons, a été généralisé, pour ne pas dire inventé, dans la première moitié du dix-neuvième siècle, afin de gérer sur un même plan les flux conflictuels des piétons et des véhicules. La trouvaille est si efficace, si bien entrée dans les mœurs, que certains en oublient ce principe élémentaire : pas de trottoirs dans les rues piétonnes ; des trottoirs dans les rues qui mêlent piétons et véhicules .
Les choses, hélas, ne sont jamais simples. De l’entrée principale d’Avignon à sa place majeure, la rue de la République a pour vocation de privilégier des piétons qui, assez régulièrement, envahissent les chaussées. Ils le font en toute légalité, quand la circulation automobile est provisoirement interdite; Il le font en toute légitimité, à n’importe quel autre moment de l’année, du jour et de la nuit. Mais encore une fois, le trottoir est le dispositif le plus approprié : s’il est réservé aux piétons, rien n’implique par ailleurs que la chaussée soit réservée aux véhicules ; la bordure de trottoir est franchie d’un seul pas par l’homme qui marche le nez au vent ; elle s’oppose plus efficacement, sinon parfaitement, aux débordements automobiles. Pourvu que le véhicule soit clairement mis en situation d’exception, par l’étroitesse de la chaussée, par un sol pavé qui en limite la vitesse, le trottoir demeure la condition nécessaire et suffisante d’une rue essentiellement piétonne... où passent prudemment certains véhicules.

Une rue moderne est également caractérisée par de très nombreux éléments mobiliers : corbeilles, bancs, candélabres, panneaux de signalisations, qui, de fait, occupent tout l’espace disponible. Si le piéton veut circuler encore entre tous ces éléments qui lui sont destinés, il est essentiel de contenir le mobilier dans des limites déterminées, une bande continue, qui pourrait être limitée, d’un coté, par un traitement de sols différencié, et de l’autre, par un dénivelé significatif de 15 cm à 17 cm, que nous
pourrions désigner, sans trop forcer le sens des mots, comme une bordure de trottoir.

Enfin, régulièrement, les festivaliers envahissent la rue, fermée aux véhicules, mais accueillante aux centaines de milliers d’affiches qui informent des spectacles en cours. C’est, sur le même espace, une concurrence aussi sauvage que les précédentes. Une bordures ne serait pas de trop pour dégager l’espace central de la rue.

Le dispositif adopté en partie courante découle directement des considérations qui précèdent :
1 un trottoir latéral à l’ouest, avec un revêtement en pierres calcaires, libéré de tout obstacle et de toutes saillies ;
2 une bande technique de 210 cm de large, dans le prolongement du trottoir nord, jusqu’à à la bordure de trottoir. Cette bande pourra être facilement circulée et traversée par les piétons, mais elle accueillera tous les équipements utiles : stationnement de livraison (5 unités de deux places, qui serviront également d’accès aux trottoirs pour les véhicules de service) ; poubelles enterrées et corbeilles ; stationnement ponctuel des deux roues (qui devront traverser la chaussée) ; candélabres à double éclairage, éclairage haut en direction de la chaussée, éclairage bas en direction des trottoirs, également équipé de supports d’affichage amovibles, qui seront retirés après chaque festival ; panneaux d’affichages complémentaire amovibles pour les période de festival ; 3 une chaussée de 420 cm, dont 330 cm réservés à la circulation automobile et 90 cm réservés aux cyclistes ; la chaussée automobile sera en pavés clivés, qui induisent une limitation de vites- se significative en complément des impératifs réglementaires ; la chaussée cycliste, qui nécessite une surface plane, sera constituée, soit en pavés sciés posé sur béton, soit en enrobé sur grave ; des pavés assemblés en chaînettes longitudinales constitueront les caniveaux et intègreront les avaloirs en fonte ;Ce dispositif fonctionnel sera adopté, en dernière analyse, pour ses qualités formelles. La « bande technique », qui correspond à une dissymétrie des usages entre les rives est et ouest, correspond également à une dissymétrie formelle des façades. La rive nord est régulière, rectiligne, interrompue par des redents profonds.
Il est pertinent, de ce coté, de confirmer l’aligne- ment par une rangée de mats et d’équipements mobiliers. En revanche, la rive sud est brisée, elle s’élargit en certaines de ses parties aux dimensions d’une place. Il est utile, de ce coté, de dégager largement l’espace.
A l’extrémité sud de l’aménagement, les alignements de platanes sont assez imposants pour qu’il ne soit pas nécessaire d’intervenir avec vigueur. Les sols en enrobés seront refaits, des bordures en pierres seront posées.
Les chaussées nouvelles seront adaptées au nouveau programme de circulation. Le lien entre l’alignement des platanes et le dispositif courant sera assuré par un prolongement partiel de la bande technique entre les platanes.
A l’autre extrémité du projet, place de l’Horloge, les voies actuelles sont organisées en travers des axes de composition. Il ne paraît pas possible de les redresser sans bouleverser l’organisation des terrasses de cafés. En revanche, les deux abribus nécessaires seront implantés en symétrie, de part et d’autre de l’axe de la place.
Ville d'Avignon
association : STOA
réalisation : 2010
coût des travaux : 4500000 €