daniel fanzutti architecte

Collège Jean Bouin - L'Isle-sur-la-Sorgue

Collège Jean Bouin L'Isle-sur-la-Sorgue

COLLÈGE JEAN BOUIN

L'Isle-sur-la-Sorgue

Le projet pour le nouveau collège Jean Bouin à l’Isle sur la Sorgue s’installe le long de la limite sud d’un vaste terrain d’assiette de 24 000M2.
Un ensemble de corps de bâtiments à un et deux étages, très linéaires, affiche une façade urbaine qui affirme le statut d’équipement public du collège. L’avenue Jean Bouin, qui dessert successivement un ensemble d’équipements majeurs comme le Lycée Benoît et le gymnase, se trouve renforcée sur le plan urbain par cette implantation et par l’ensemble du réaménagement des accès. La nouvelle façade du collège, la contre-allée et le parvis d’accueil lui confèrent un véritable statut de boulevard. Une lisibilité et une identité immédiate de cet axe et des équipements qu’il dessert s’offrent à l’ensemble des citadins.

Le choix de la densité urbaine comme implantation répond aux nouvelles exigences d’ordre écologique et au développement durable par une meilleure gestion du sol et par le renouvellement de la ville sur son propre territoire. Le plan de masse, concentré au sud, permet ainsi de réaliser l’opération en libérant une importante réserve foncière au nord avec sa desserte directement reliée à l’avenue Jean Bouin. Cette disposition permet d’impacter favorablement l’économie générale très tendue de cette opération sur deux plans.
1° L’économie d’aménagements extérieurs de 7612 M2 est estimée à environ 250 000 euros HT qui sont ainsi directement recentrés sur le périmètre d’implantation.
2° La collectivité dispose de fait d’une entité foncière constructible près du centre ville dont la valeur négociable peut être évaluée à minima à environ 2 000 000 euros, soit pour la réalisations d’équipements publics, soit pour celle d’opérations privées. La réserve foncière et financière dégagée par le plan de masse peut donc permettre d’assurer pleinement l’équilibre financier de cette opération difficile du fait d’un important chantier de démolition et désamiantage des bâtiments existants.

L’implantation générale au sud, contigüe au bâtiment conservé de restauration, laisse l’ensemble des bâtiments existants devant être démolis, hors du périmètre de chantier La question très délicate du désamiantage général avant démolition ainsi que le phasage en site occupé trouvent, de la sorte, des solutions simples et efficaces, à savoir : les salles disponibles dans ces bâtiments permettent d’y installer le collège dans la configuration 600 élèves et autorisent la réalisation de la « restructuration-extension » en une seule phase. Aussi, l’opération « désamiantage-démolition » se fera, elle aussi, en une seule phase après construction et emménagement dans les nouveaux locaux. Cela permet un véritable confinement désamiantage sans opérations tiroirs de moins en moins bien acceptées par les coordinateurs SPS comme par des parents d’élèves qui voient difficilement leurs enfants côtoyer de trop près ce risque potentiel.

Le plan de masse absorbe le bâtiment René Char restructuré par des extensions qui le prolongent vers l’est, et par une liaison couverte avec le restaurant existant. L’ensemble offre un fonctionnement simple dont la linéarité permet de séparer nettement les accès de service à l’ouest, l’accès des élèves et visiteurs au centre face au gymnase et au stationnement, ainsi que les accès de maintenance et ceux privatifs des logements à l’est.
Le bâtiment est volontairement « fermé » au nord pour se protéger des vents dominants nord, et pour protéger également les espaces extérieurs de récréation. Cette organisation du plan masse permet également au collège de tourner le dos aux constructions avoisinantes au nord et de réduire les nuisances acoustiques du voisinage.

Principe d’organisation fonctionnelle
L’empreinte architecturale et la structure porteuse du bâtiment René Char encadrant l’atrium est conservée et restructurée, comme souhaité dans le programme. L’atrium est transformé en patio d’agrément pour l’administration et les enseignants. L’accueil principal est déplacé face à l’entrée du gymnase, en position centrale par rapport au nouveau collège.
Les espaces restructurés abritent l’administration, la vie scolaire et le CDI. À partir de ce noyau central, l’extension est construite sous la forme de deux bâtiments parallèles de deux niveaux chacun, dont les façades principales sont nord et sud.

Le concept adopté pour l’extension est d’avoir des salles de classe desservies par des coursives extérieures abritées du vent et de la pluie. Cela permet de proposer un éclairage naturel des classes sous deux orientations, favorisant ainsi l’homogénéité de l’éclairement, de mettre en place une ventilation naturelle traversante et une vision globale de tous les espaces de récréation et de circulation pour une meilleure surveillance des élèves.
Les logements de fonction au R+2 suivent ce parti architectural. Desservis par une coursive, ils sont largement ouverts au sud avec chacun une terrasse privative devant les chambres et les séjours. Cette terrasse largement dimensionnée et parfaitement abritée du vent et des intempéries permet un prolongement généreux des espaces de vie et offre un vue lointaine au sud et sur le centre ancien au sud-est. Ils bénéficient d’un espace cellier au nord. Les séjours communiquent avec la cuisine et sont de ce fait traversants. Leur accès privatif se fait à rez-de-chaussée sur la partie sud-est, par une cour privative qui organise plusieurs places de stationnement couvertes ou non. Un bloc ascenseur et escalier dessert directement l’ensemble des logements au niveau +2.

Le nouveau hall d’entrée constitue un point central qui articule la partie ancienne avec la partie nouvelle du collège. Par ses qualités de lumière et de transparence visuelle sur les quatre points cardinaux et sur les deux niveaux desservis, il constitue un lieu de première importance qualifiant l’image de l’établissement. Il permet de desservir indifféremment à rez-de-chaussée, la salle polyvalente, l’espace des enseignants, l’infirmerie, l’administration, la vie scolaire et la cour, ainsi qu’à l’étage, le CDI et les coursives d’enseignement.
Sa position centrale permet un repérage simple et immédiat pour les visiteurs. L’ensemble vie scolaire, contigu au le hall, le sépare de l’accès direct des élèves par la cour, comme souhaité au programme. Cet accès se fait par l’intermédiaire d’un parvis couvert dégagé par le soulèvement du bâtiment sud des salles de classes sur pilotis.
Cette organisation offre un lieu protégé d’attente avant l’ouverture de l’établissement, permet un très grand dégagement visuel et lumineux de la cour de récréation vers le sud, et confère un caractère architectural majeur et singulier à l’entrée de l’établissement sur boulevard.

La cour très protégée des vents dominants bénéficie d’un préau périphérique né du système de coursives à l’étage, ce qui évite une trop grande concentration des élèves, et permet d’abriter l’ensemble des accès à la cour. Celle-ci comporte deux parties traitées différemment (minérale et paysagée) tout en se situant dans une même profondeur visuelle par rapport à l’ensemble vie scolaire.

Traitement architectural
Le parti architectural ne fait que souligner et renforcer le parti général d’implantation. À ce titre, le projet exprime une architecture urbaine et contemporaine forte par un ensemble épuré en alignement sur le boulevard redessiné. Une forte identité architecturale naît des choix opérés sur le plan thermique et sur la rationalité constructive que nécessite un chantier rapide, limitant au maximum l’occupation temporaire et le caractère bruyant du chantier pour le collège et l’ensemble du contexte urbain.

Une ossature générale lourde (poteau-poutre et planchers en béton armé) entièrement tramée à 7,20m reçoit des ensembles de cloisonnement intérieurs légers ainsi que des ensembles de façades préfabriquées à ossature et bardage bois. Ces façades présentent une technique dite «respirante », perméable aux transferts hygrothermiques qui intéressent la thermique et le confort d’été.
Outre les qualités évidentes sur le plan environnemental et thermique, ces choix simples et déjà largement éprouvés sur d’autres chantiers, offrent des solution simples aussi bien en construction qu’en maintenance notamment au regard de la gestion des ponts thermiques imposée depuis septembre 2006 par la réglementation RT 2005.

Sur le plan architectural, le rapport entre les deux matériaux, béton et bois, exprime alternativement structure et remplissage, planchers et façades souligné par un graphisme très horizontal.

Le traitement du bâtiment conservé René Char, par une isolation extérieure protégée par le même système de vêture bois préfabriquée, permet de régler efficacement ses carences thermiques Sa trace disparaît totalement derrière cette vêture pour livrer au final un ensemble cohérent et homogène aussi bien sur le plan architectural, technique, fonctionnel, que thermique.

Une unité d’ensemble et aussi apportée par l’ensemble des menuiseries extérieures traitées en aluminium à rupture de pont thermique
Les traitements de sols contribuent aussi largement à l’image architecturale d’ensemble ainsi qu’au confort des usagers.
Les parvis d’accès, préaux seront traités en béton désactivé, tandis que la cour sera traitée en stabilisé pour un meilleur confort thermique d’été.
Département de Vaucluse
association : Daniel Fanzutti Natalie Merveille
réalisation : 2014
surface : 6200 m2
coût estimé : 8440000 €