daniel fanzutti architecte

École française de gestion commerciale - Marseille

École française de gestion commerciale Marseille

ÉCOLE FRANÇAISE DE GESTION COMMERCIALE

Marseille

Le projet pour l’Ecole Française de Gestion Commerciale s’installe dans un volume simple et épuré, Son caractère matériel et concret marque, comme un jalon, l’entrée de la ZAC St Charles sur le nouveau parcours de la montée de l’université qui verra un flux important se diriger en contrebas dans la perspective de la porte d’Aix et l’épannelage du quartier du panier.

A l’alignement sur les quatre limites, le projet reprend les grands principes d’une architecture méditerranéenne, et s’organise autour d’un jardin central en pleine terre. Au cœur de la ville grouillante et bruyante, il invite à une intériorité protégée. Chaque espace, dans ses accès, ses vues, son apport de lumière naturelle, sera empreint par le calme et la fraîcheur d’un jardin luxuriant qui tamise lumière et regards.

La volonté d’exprimer la vocation d’échange, d’ouverture et de communication d’un tel établissement, va donner un caractère très contemporain au dispositif typologique classique de l’organisation sur patio. Le parti distributif et les circulations vont ménager en permanence des transparences, des ouvertures multiples et choisies sur la ville dans toutes les directions et dans l’épaisseur de l’îlot ainsi constitué.

Le caractère unitaire de l’édifice naît simplement d’une géométrie urbaine pleinement utilisée dans ses conditions d’alignement. Les trois façades répondent de manière spécifique à l’identité de l’espace public qu’elles contribuent à identifier.

Au nord-est, l’entrée principale de l’Ecole s’inscrit de manière évidente à l’angle de la rue Jules Ferry et du nouvel axe constitué par la montée de l’Université. Le porche en porte-à-faux qui abrite le parvis d’entrée, ainsi que la géométrie architecturale proposée, ancrent le projet dans une tradition urbaine où le traitement d’angle appartient autant à l’identité de la ville dans son rapport au tracé qu’à l’édifice dans son rapport au bâti. La façade sobre mais affirmée reprend des thèmes de composition éprouvés : soubassement double hauteur, corps de bâtiment et niveau d’attique. Les matériaux, le format des baies, l’ampleur du hall d’entrée marqué par l’appel de lumière du jardin intérieur et de son porte-à-faux, revisitent ces codes établis dans une lecture plus contemporaine, avec l’ambition d’inscrire l’architecture dans une forme d’atemporalité.

Au sud-ouest , la façade se caractérise par les circulations des deux plateaux dédiés à la formation, traitées en balcon sur le nouvel axe piéton de la montée de l’université. Le parement de briques blanches posé indifféremment à l’extérieur et à l’intérieur se glisse derrière le vitrage des circulations.
Ce dispositif dessert l’ensemble des grandes salles gradinées ouvertes sur la lumière contrôlée du jardin. Les circulations, par le jeu de la géométrie de la bande de deux mètres réintégrée à l’assiette du terrain, se trouvent en porte-à-faux par rapport à la façade. De ce fait, outre les perspectives sur l’extérieur qu’elles proposent en profondeur sur un axe est-ouest, elles offrent une vue panoramique sur l’ensemble du nouvel axe piéton aussi bien en amont qu’en aval.
L’ensemble de cette organisation donne une grande qualité aux circulations de l’école, (accès, échanges intercours, rencontres informelles) par une alternance continuelle de vues proches ou lointaines, et une abondante lumière naturelle.
D’un point de vue symbolique, l’activité de l’école est donnée à voir aux citadins, celle de la ville aux élèves ; ainsi le ballet des passants répond à celui des étudiants.

Sur le plan du rapport à l’orientation et de la thermique, cette façade permettra de gérer par un vitrage ventilé soit des apports solaires en hiver, soit un tampon à travers l’espace des circulations.
Il est à noter que le traitement géométrique du socle évite toute protection par barreaudage, et permet un abondant éclairage naturel des grands volumes semi-enterrés de la salle de gymnastique et de l’amphithéâtre.

Au sud-est un traitement d’angle caractéristique reprend en mode mineur celui de l’entrée principale, pour y installer l’accès de l’école Terre de Ciel, proche de la liaison véhicule qui boucle le quartier. Idéalement installée au débouché de la montée de l’université à l’angle du nouveau passage piétonnier, cette entrée regroupe aussi les accès indépendants aux trois studios ainsi qu’au logement du gardien installé en toiture terrasse, directement desservi par ascenseur sans pénétrer dans les locaux.
Cette façade très urbaine installe, sur son socle en balcon sur la rue et la ville, la terrasse du jardin intérieur, ainsi que les foyers dédiés à la vie étudiante. A ce niveau, sur l’axe nord-sud passant par le hall vitré double hauteur, les usagers bénéficient d’une transparence totale sur l’épaisseur de l’îlot.

L’ensemble architectural ainsi constitué présente des façades principales sur ses trois cotés publics de la parcelle. Il évite ainsi l’écueil d’un bâtiment présentant un avant et un arrière, qui eut été moins valorisant par exemple pour le passage nouveau qui relie le boulevard Charles Nedelec.

Ce choix participe volontairement à l’accompagnement architectural du tracé précis du projet urbain qui pose les conditions d’un tissu et d’espaces publics de qualité. Notre proposition va dans ce sens en évitant toute forme d’espace résiduel ou mineur.
réalisation : 2014
surface : 6400 m2
coût estimé : 13792285 €